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2022-11-01 Avis

Santé psychologique des avocats canadiens

Une première étude nationale d’envergure sur le mieux-être au sein de la profession juridique est publiée

La Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada annonce la publication de l’Étude nationale des déterminants de la santé psychologique des professionnels du droit au Canada.

Menée par une équipe de chercheurs de l’Université de Sherbrooke sous la direction de la Pre Nathalie Cadieux, et financée par la Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada et l’Association du Barreau canadien, cette étude vise à comprendre les déterminants du mieux-être des juristes canadiens ainsi qu’à définir des stratégies d’intervention ciblées pour favoriser le mieux-être des membres de la profession.

L’étude vient combler d’importantes lacunes dans les connaissances existantes sur la santé mentale des professionnels du droit. Les données analysées par le rapport proviennent d’un sondage national sur le mieux-être des professionnels du droit du pays auquel ont participé plus de 7 300 juristes (avocats et stagiaires en droit de l’ensemble des provinces et territoires, notaires du Québec et parajuristes de l’Ontario).

Le rapport présente également des constatations relatives à la prévalence d’indicateurs de santé tels que la détresse psychologique et le stress auto évalué, la dépression et l’anxiété, l’épuisement professionnel et l’idéation suicidaire, et à l’influence exercée par certains facteurs sur le mieux-être des juristes, comme le cadre de travail, le modèle des heures facturables, la technologie, la pandémie de COVID-19, l’incivilité, l’épuisement de la capacité de compassion, la culture organisationnelle et le cadre réglementaire.

Voici quelques-unes des principales constatations de l’étude :

  • Plus de la moitié des répondants ont dit éprouver de la détresse psychologique et de l’épuisement professionnel. On observe des taux encore plus élevés parmi les professionnels en situation de handicap, les stagiaires en droit, les avocats de 26 à 35 ans, les professionnels du droit comptant moins de dix années d’expérience, ceux qui se définissent comme appartenant à la communauté LGBTQ2S+ et enfin, les femmes.
  • Le modèle des heures facturables a des effets hautement délétères sur la santé mentale des juristes, mais les effets les plus importants proviennent de la charge émotionnelle suscitée par le travail avec les clients.
  • Le conflit entre le travail et la vie personnelle, un facteur de stress critique, est associé à un taux significativement plus faible d’engagement envers la profession et à un taux considérablement plus élevé d’intention de quitter la profession.
  • Le professionnel du droit en situation de handicap et ceux des groupes minoritaires éprouvent des problèmes de santé mentale plus importants.
  • La consommation d’alcool et de drogues des professionnels du droit a atteint des niveaux inquiétants;
  • Les meilleurs moyens qui s’offrent aux juristes pour renforcer leur résilience et se prémunir contre les facteurs de stress sont la capacité à se détacher psychologiquement du travail et à fixer des limites.

D’ici quelques semaines, l’équipe de chercheurs présentera des recommandations concernant les mesures susceptibles d’être prises pour favoriser le mieux-être des professionnels du droit au Canada. Elle amorcera également la phase II de l’étude, qui consistera à mener des entrevues qualitatives auprès de ces professionnels en vue de faire ressortir ce qui distingue chaque province et territoire. La fin de cette deuxième phase est prévue pour 2024.

Prendre connaissance du rapport et de sa foire aux questions

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